30 sept. 2015

De je en nous.



J'ai parfois du mal à définir la limite du privé sur mon blog. Il fut un temps où sur le may-si's diary, je racontais tout sans concession parce que je ne me souciais pas vraiment de ce que mon audience puisse être proche. J'aurais voulu écrire sur plusieurs sujets relativement personnels ici mais je me suis souvent retenue. Je vous parle de mes états d'âme, de mes coups de cœur alors pourquoi me museler?



En parlant d'états d'âme justement, l'une des choses que j'avais prises pour acquises lorsque j'ai expérimenté ma grosse période "j-ai-raté-ma-vie", c'est que je devais m'occuper de certains aspects de ma vie seule. J'étais en couple et je m'appuyais beaucoup sur mon ami mais je savais qu'il me pensait faible justement pour cette raison. Je voyais une grande partie de mon entourage me regarder sans comprendre et conclure pareil. J'étais faible. Lorsque j'ai choisi de sortir de cette phase, j'ai mis le "je" en avant. Qu'est-ce qui me fait plaisir? Où je veux aller? Avec qui je veux être? Et tout ce qui ne contribuait pas à la construction de mon "je" a été mis de côté.

Et puis, une personne est venue troubler mon "je". C'est troublant au début quand tu fais tes projets et qu'on te reprend en disant "nous". Pour les petites choses de la vie telles les courses comme les grandes telles les projets d'avenir. Quand on a pris l'habitude de vivre avec une bonne part de secrets, quand on a choisi de ne plus avouer ses faiblesses qu'au bon Dieu, avoir quelqu'un qui s’immisce et s'insinue dans chaque partie de votre vie, c'est déroutant.

Tous les week-ends, c'est pareil, casanière de mon état, je lui demande ce qu'il fait et il me demande si ça m'intéresse. Quand je fais face à un problème pour ma carrière, il le prend à cœur comme si c'était la sienne. Parfois, j'ai envie de lui dire "hey! mais ça va changer quoi à ta vie?" J'ai peur des échecs et je ne veux pas qu'on me console, je ne veux pas qu'on sache quand j'ai mal et c'est problématique. Accepter que le "je" devienne un "nous", c'est accepter qu'on ne vit pas juste pour le moment, qu'on espère construire avec quelqu'un. Maman me parlait en début d'année de ma peur de l'engagement, elle avait raison. 

J'essaie chaque jour d'accepter que le fait de reprendre mes "je" en "nous", ce n'est pas une agression contre mon "je" mais une envie d'unir nos "je" en "nous". Je fais des projets d'adulte et je m'en étonne. Du moins, nous faisons des projets... J'ai appris que c'est possible d'être seul même lorsqu'on est entouré. On peut passer toute une vie ensemble sans jamais former une entité, jusqu'à ce qu'on arrive à laisser tomber ses barrières et à arrêter de penser individuellement. Des barrières, j'en ai construit tellement autour de ma personne pour essayer d'être une adulte alors qu'en fait les adultes, ce sont probablement ceux qui assument leurs faiblesses et vivent avec. Pour pouvoir construire un "nous", il faut des "je" sûrs d'eux, conscients de leurs forces et faiblesses et prêts à les partager.

Monsieur "nous" ne lira probablement pas... Tant mieux. J'entends d'ici son rire pour se moquer de ma minute sentimentale. Et puis, maman, si tu lis, pas besoin de commenter. "Je" serai vraiment vraiment vraiment "nous" quand je t'en parlerai en vrai. 

6 commentaires :

  1. Un très bel article Marie-Simone comme toujours, écrit avec beaucoup de franchise : comme toujours.
    J'ai ri à la fin, haha

    Je te souhaite d'arriver à ce moment où tu arriveras à laisser tomber les barrières pour que "vos" projets ne soient plus une étrangeté pour toi et encore accord complet avec les " tiens ". :)

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    1. Merci beaucoup!! Ce que j'aime finalement, c'est de me rendre compte que je ne suis pas seule à vivre ça/

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  2. Dans mon ancienne relation j'ai vécu exactement ça. Ce "je" qu'il fallait transformer en "nous" au point où même les parents souhaitent vous accompagner dans cette aventure. Peur de l'engagement j'ai préféré fuir... Je suis une "lâche née" c'est bien connu lol. Et cette nouvelle relation où j'ai été plongé dans le "nous" dès les premiers moments sans qu'aucune question ne se pose, mais qui aujourd'hui me fait peur. Je te reprends "J'ai peur des échecs et je ne veux pas qu'on me console, je ne veux pas qu'on sache quand j'ai mal et c'est problématique." C'est exactement ça, et mon ancienne moi reprend le dessus... Je ne suis vraiment pas prête pour toutes ces choses!

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    1. lool Cathy, je pense justement qu'il vaut mieux que le "nous" se fasse naturellement sans les pressions extérieures. Un jour, on sera grandes, on apprendra à faire confiance aux amoureux et construire des foyers

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  3. Je me reconnais bien là "je" est devenue "nous" c'est difficile au debut surtout quand tu as une vie de solitaire j'Ai encore du mal à tout dire c'est progressif tout ça.Je te souhaite de voir tous tes projets en "nous"

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    1. Merci Elodie. J'espère que ton "nous" va continuer de progresser.

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